Qui sommes-nous?

Des parents, grands-parents, enseignants... de Gif-sur-Yvette... et d'ailleurs
attachés à un grand service public d'éducation... et mobilisés pour ne pas le perdre!
Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 07:16
Pour la rentrée jeudi prochain, Isabelle Huchard ne sera plus directrice de l'école élémentaire de Saint-Christol (34).... Bastien Cazals ne sera plus directeur d'école maternelle Louise Michel de Saint Jean de Védas (34)....
Quelle faute grave ont-ils commise pour mériter une telle sanction à quelques jours de la nouvelle année scolaire ?
Une faute vis-à-vis des familles, en ne réussissant pas à "organiser et favoriser le dialogue avec elles" ?
Une faute vis-à-vis des enfants en n'"assurant pas leur protection" ?
Une faute à l'égard de leurs collègues enseignants en n'"animant pas son équipe pédagogique" ?
Rien de tout cela: il leur est tout simplement reproché par leur administration de s'opposer au suivi des enfants par Base Elèves. Ce que Isabelle Huchard et Bastien Cazals, tout comme Yves LeGall, sanctionné avant eux, et chacun des 200 directeurs s'étant déclarés opposant à Base Elèves, ont décidé de faire, en conscience, pour des raisons éthiques, morales et républicaines.
Base Elèves est ce système centralisé de recueils des données mis en place dans toutes les écoles de France depuis plusieurs années sans qu'aucune loi ne l'ait légitimé: seul un décret est paru le 20 octobre 2008. Il se veut exhaustif de tous les enfants scolarisés. Chaque enfant, dès son entrée en petite section de maternelle, doit donc être saisi et un numéro national d'identification lui est alors attribué. Ce numéro permet de suivre le parcours de l'enfant. Alors, certes, ils ont refusé de participer à ce qu'ils considèrent comme un fichage généralisé de la population dès le plus jeune âge. Mais ils transmettaient les données chiffrées, ils n'entravaient donc absolument pas le fonctionnement administratif de leur école. Pendant des années, des milliers de directeurs/directrices d'école furent en grève administrative, ne transmettant ni effectifs, ni prévisions d'effectifs, ni compte-rendus de réunions. L'école publique a fonctionné... et personne ne fut sanctionné. Comment expliquer alors aujourd'hui la disproportion de la sanction face à la "faute" ?
D'autant que tout récemment, Base élèves a été condamnée par le Comité des Droits de l'Enfant de l'ONU qui lui reproche:
* L’utilisation de cette base de données à d’autres fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière
l’insuffisance de dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations.
* du fait que les parents ne peuvent pas s'opposer à l'entrée de leur enfant dans Base Elèves.
Alors pourquoi d'un côté a-t-on le Comité des droits de l'enfant de l'ONU qui recommande que ne soient entrées dans Base Elèves que des données anonymes, et que l’utilisation des données collectées soit réglementée par la loi de manière à en prévenir un usage abusif, et d'un autre côté a-t-on deux directeurs d'école à qui rien d'autre n'est reproché que de ne pas entrer des données individuelles dans Base Elèves qui sont démis de leurs fonctions ? La même chose va-t-elle arriver aux 200 directeurs de France qui se sont déclarés "résistants à Base Elèves" ? Les autres directeurs, les enseignants, les parents, leurs associations, tous les citoyens qui ont réussi à faire reculer Edvige, laisseront-ils faire sans rien dire ? Accepterons-nous tous qu'en France, patrie des droits de l'homme, les droits des enfants à grandir dans une école et une société qui leur donnent/laissent toutes leurs chances ne soient pas réellement respectés ?
 
Par MAbC - Publié dans : Base élèves
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés